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Le révérend ripou


À l'âge de 14 ans, le jeune Harry Clapham était apprenti magasinier. Il rejoignit l'Armée du Salut pour prêcher la bonne parole. À 26 ans, il vint étudier au Collège de Montréal puis à l'université McGill. Après avoir été ordonné, il devint aumônier auprès des bûcherons de la forêt boréale canadienne. Première affectation ardue. Revenu en Angleterre, il devint vicaire à Wellington, une petite ville du comté de Shropshire, qu'il quitta pour aller à Londres en 1925. Ses traitements étaient de 400£, somme bien maigre avec une femme et deux enfants à nourrir. De plus la caisse consacrée à la restauration de l'église était plutôt modique.
Lors d'une visite à l'hôpital, il assista à l'ouverture d'enveloppes contenant nombre de chèques et mandats postaux destinés à une campagne de financement de l'hôpital. Ce fut la révélation. Il se procura l'adresse d'une agence spécialisée où il acheta une liste de noms de personnes contribuant à des organismes charitables. Il engagea une équipe de bénévoles et se mit à écrire à toutes ces personnes, leur racontant les difficultés de la pauvreté de ses paroissiens.
Il reçut bien plus d'argent qu'il n'en avait espéré. Il consacra 2% des dons à des oeuvres de charité véritables et répartit le reste sur 91 comptes bancaires, en investissant dans des sociétés immobilières et des certificats d'épargne. Il acheta aussi neuf maisons. Désormais habillé par les meilleurs tailleurs de Londres, il roulait en voiture de luxe. Plusieurs fois par année, il s'offrait de longues croisières en paquebot.
Quand on lui demandait comment il faisait, il répondait qu'il avait hérité. Il persuada même son frère de se porter acquéreur d'un comptoir postal où il pouvait changer ses mandats sans attirer l'attention. Mais son train de vie l'a trahi et Scotland Yard s'est intéressé au patrimoine du quidam.
La police a été surprise de trouver de nombreux classeurs, des fichiers et des registres de comptabilité. Il fut prouvé que notre Révérend achetait un million d'enveloppes par année ! Il aurait expédié 200 000 demandes d'aide par année pendant 14 ans. Il était en fait à la tête du plus grand réseau de mendicité mis au point par un seul homme.
En 1942, il avait reçu plus de 200 000 £ (deux cent mille livres anglaises de l'époque valent aujourd'hui plus de trois millions de dollars) provenant de campagnes de charité publique.
Et il en avait conservé la plus grande part. Condamné à trois ans de prison, il fut libéré à cause de son état de santé. En voilà un qui avait choisi le paradis avant la fin de ses jours.

Je vous vois !