Victor Lustig.2. Lustig fut accusé et emprisonné à New York. La veille de son procès, il réussit à s'enfuir en faisant une corde avec son drap de lit. 27 jours plus tard, il fut arrêté encore une fois à Pittsburgh. Le 5 décembre 1935 eut lieu son procès où le témoin principal fut William Watts arrêté peu auparavant. Lustig fut condamné à 15 ans de détention et expédié à Alcatraz. Le 9 mars 1947 il contracta une pneumonie et mourut deux jours plus tard. Selon la légende, Al Capone aurait assuré lui-même la protection de Lustig en prison. On ajoute que l'employé fit une erreur en remplissant le certificat de décès à la rubrique « profession ». Rien de mieux ne lui venant à l'esprit il aurait écrit « vendeur ». On dit qu'il avait affiché une banale carte postale de la tour Eiffel dans sa cellule et qu'il y avait annoté "vendue 100 000 Francs" L'homme qui vendit la Tour Eiffel
Dans les années vingt, après la première guerre mondiale, Paris est en plein boom économique. Ce sont les Années folles : Les cabarets fleurissent dans la capitale et le Jazz fait glorieusement ses premiers pas dans les cabarets avec les revues nègres et dans les caveaux du quartier latin et de Saint-Germain-des-Prés.
C'est ici, dans cette atmosphère, que Lustig vient dépenser l'argent qu'il a frauduleusement gagné outre-atlantique. Mais la grande ville est encore plus dispendieuse qu'il ne l'avait imaginé et c'est ainsi qu'il se retrouve sans un sou en poche. C'est donc dans sa luxueuse chambre de l'hôtel de Crillon, place de la concorde, qu'il lit un journal français pour "trouver l'inspiration".
Au fil des pages il tombe sur un article exposant les difficultés de l'état à entretenir la tour Eiffel, construite à l'origine pour l'Exposition Universelle de 1889. Il était au départ prévu qu'elle soit démontée en 1909 et ce n'est que son utilité dans le domaine militaire qui l'a sauvée. Elle n'était donc pas prévue pour subsister si longtemps et elle avait un besoin urgent d'être rénovée. Le journaliste finit son article par cette petite ouverture humoristique : "Devra-t-on vendre la tour Eiffel ?". Sans le savoir, il venait de publier le point de départ de la plus grande escroquerie jamais réalisée. Lustig se camoufla en fonctionnaire du gouvernement et fit fabriquer de fausses mises au concours pour la vente de la Tour Eiffel. Il envoya aux six plus grandes entreprises de récupération de ferraille des invitations pour des négociations de vente. C'est dans l'hôtel de Crillon qu'une rencontre confidentielle devait avoir lieu.
Un pareil hôtel était un camouflage parfait puisque c'était un point de rencontre prisé des diplomates et des hommes politiques.
A la date prévue, les six ferrailleurs étaient présents. Victor Lustig se présenta comme directeur général, représentant du ministère des PTT. Il expliqua aux intéressés qu'ils avaient été retenus parce qu'on connaissait leur probité en tant qu'hommes d'affaires.